L'Italie commencera à retirer ses 3 300 soldats d'Irak « au plus vite, si possible dès septembre », a confirmé hier le président du Conseil, Silvio Berlusconi. « Notre opinion publique le demande », avait-t-il expliqué mardi à la télévision italienne. Cette annonce intervient treize jours après la mort de Nicola Calipari, l'agent de sécurité tué par des tirs américains, lors de la libération de l'otage Giuliana Sgrena, et trois semaines avant des élections régionales.
Les Italiens ont toujours été majoritairement opposés à l'intervention de leur pays en Irak. Mais Silvio Berlusconi doit aussi ménager Washington et Londres, ce qui l'amène à rester flou sur ses intentions. Après avoir déclaré que « tout retrait serait effectué en consultation avec les alliés », il a ajouté hier soir que son pays « ne se désengagerait pas en septembre si les Américains et les Britanniques s'y opposaient ».
Après l'Espagne, les Pays-Bas, l'Ukraine et bientôt la Bulgarie, ce nouveau retrait annoncé plonge la coalition américano-britannique dans l'embarras. Les soldats italiens représentent le quatrième contingent après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Corée du Sud. Qui va les remplacer ? L'Australie a déjà estimé « extrêmement improbable » l'envoi de renforts. Si la Grande-Bretagne devait combler le vide, la mission serait très délicate pour Tony Blair, confronté dans deux mois à des élections législatives et à une opinion britannique hostile à l'intervention